Diagnostic visuel de l'état mécanique des arbres : la méthode V.T.A.

Publié le 1 Août 2021

Diagnostic visuel de l'état mécanique des arbres : la méthode V.T.A.
Diagnostic visuel de l'état mécanique des arbres : la méthode V.T.A.

                                             La méthode V.T.A.

Cette méthodologie de détection des organes de renforcements ou d'adaptations (à tort appelés défauts) et d’évaluation de la probabilité de rupture est inspirée de la méthode du centre de recherche de Karlsruhe en Allemagne: la méthode V.T.A. (Visual Tree Assessment), la traduction en Français est « l'évaluation visuel de l’arbre », développée par le Doc. Klaus MATTHECK en 1993.

L’étude repose sur l’observation et l’analyse des défaillances mécaniques et physiologiques pouvant avoir une incidence sur la dangerosité de l’arbre, à l’œil nu (aidé de jumelles pour les parties hautes), depuis le sol ou sur corde.

L'appréciation de l'état de l'arbre résulte : 

- de l'évaluation de la qualité de l'ancrage des racines, par l'observation du développement du plateau racinaire ;

- de l'évaluation de l'état mécanique du tronc et de la couronne, par la recherche de symptôme indiquant la présence ou pas de faiblesses mécaniques, par des tests sonores au maillet sur les parties accessibles permettant de détecter la présence d’altération des tissus internes grâce à la perception auditive de la sonorité obtenue ;

- de l'évaluation de la vitalité et de l'état sanitaire, par l'observation de la couronne, des ramifications et du feuillage afin de détecter la présence de ravageurs ou pathogènes (Une prise d’échantillons peut être effectuée pour une analyse plus approfondie si nécessaire) ;

- de l'évaluation des contraintes environnementales, par la définition des cibles pouvant être atteintes en cas de chute de tout ou partie de l’arbre considéré et des facteurs de l’environnement le contraignant dans son développement et sa stabilité.

L’appréciation de la probabilité de rupture est obtenue non seulement en considérant les seuils usuellement utilisés dans l’évaluation de la tenue mécanique de l’arbre et de l’agent pathogène identifié, mais encore en tenant compte également de la situation de l’arbre, de ses dimensions, de son essence, de son état de développement, de l’aptitude de l’arbre à croître...

Dans certains cas la V.T.A. n'est pas suffisante: nous avons alors recours à des appareils de mesures comme le résistographe, le marteau à ondes sonores, le tomographe…

La rupture est considérée probable à tout instant lorsque la proportion de bois sain est inférieure ou égale à environ 30% du diamètre (cas très général, tout déprendra de l'état des organes de renforcement).

Cela permet de définir une espérance de maintien qui correspond à la durée pendant laquelle un arbre peut être laissé en place dans des conditions de sécurité et d’esthétique convenables. Elle peut être longue, limitée, brève ou sans aucune espérance.

Pour finir, compte tenu de l’évolution naturelle des symptômes, un diagnostic ou une expertise a une valeur limitée dans le temps. En tout état de cause, elle ne saurait être supérieure à deux ou trois ans. En effet, un contrôle pratiqué n’est que la photographie de l’arbre à un moment donné. Or, les arbres sont des éléments vivants et les diagnostics réalisés pourront être rendus caducs en tout ou partie, à court, moyen ou long terme, compte tenu notamment du « temps de réponse » des arbres face aux agressions (pathogènes, insectes, stress…). 

Rédigé par POTATURA E CURA DI ALBERI - TAILLE ET SOINS DES ARBRES

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